En politique, il faut parfois savoir résister à la tentation de la démonstration de force. En désavouant l’appel à une contre manifestation le 22 juillet, Augustin Kabuya vient de poser un acte qui renforce davantage l’image de l’UDPS que n’importe quel rassemblement de rue.
Marche de l’opposition du 22 Juillet : Kabuya marque des points

La démocratie ne se mesure pas au nombre de militants que l’on peut mobiliser pour répondre à ses adversaires. Elle se mesure à la capacité du pouvoir de garantir à l’opposition le droit de manifester librement, dans le respect de la loi. Une opposition qui marche n’est pas une menace pour un régime sûr de sa légitimité. Au contraire, c’est le signe que les libertés publiques sont respectées.
L’appel initial d’André Mbata à une contre mobilisation était difficile à comprendre. Cette logique de confrontation rappelle des pratiques qui ont longtemps caractérisé le PPRD : répondre systématiquement aux manifestations de l’opposition par une démonstration de force de la majorité. Ce type de stratégie a rarement apaisé le climat politique. Il a plutôt entretenu les tensions.
Le communiqué de l’UDPS marque donc une rupture bienvenue. En demandant à ses militants de poursuivre normalement leurs activités et d’éviter les itinéraires empruntés par les manifestants de l’opposition, Augustin Kabuya privilégie l’apaisement plutôt que la surenchère.
Le 22 juillet peut devenir une occasion de démontrer que la République démocratique du Congo progresse sur le chemin de la démocratie. Si l’opposition manifeste librement et que les forces de l’ordre assurent la sécurité de tous avec professionnalisme, c’est l’image du pays qui en sortira grandie. Ce sera également une victoire politique pour l’UDPS, qui montrera qu’elle n’a pas besoin de rivaliser avec l’opposition dans la rue pour affirmer sa légitimité.
Parfois, la plus grande démonstration de force consiste précisément à ne pas chercher l’affrontement. Sur ce point, Augustin Kabuya marque des points.
Sarah K
Journaliste
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