Depuis plusieurs jours, le Service national, sous la conduite du général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, mène une vaste opération d’assainissement à Kinshasa. Les images parlent d’elles-mêmes : des tonnes de déchets sont évacuées, des artères retrouvent un visage plus propre et les Kinois redécouvrent une ville qu’ils pensaient condamnée à vivre sous les immondices.
Kinshasa : pourquoi faut-il un général pour faire le travail du gouverneur ?

Ce travail mérite d’être salué. Il prouve qu’avec de la volonté, de la discipline et une bonne organisation, il est possible d’améliorer rapidement le cadre de vie des habitants.
Mais au-delà des félicitations, une question dérange : pourquoi faut-il mobiliser un général et le Service national pour accomplir une mission qui relève normalement de l’Hôtel de Ville ?
L’insalubrité de Kinshasa n’est pas apparue hier. Des endroits comme le rond-point Victoire, l’Huilerie et bien d’autres sont devenus, au fil des années, de véritables décharges à ciel ouvert. Les marchés débordent sur les chaussées, les caniveaux sont obstrués, les déchets s’accumulent pendant des semaines. Cette situation est le résultat d’un manque de suivi quotidien, pas d’un manque de solutions.
Le général Kasongo Kabwik peut nettoyer la ville. En revanche, il ne peut pas assurer, à lui seul, la gestion permanente de Kinshasa. Une fois les équipes du Service national parties, qui empêchera le retour des déchets ? Qui veillera au respect des règles d’occupation de l’espace public ? Qui organisera une collecte régulière des ordures ? Si les autorités urbaines ne prennent pas leurs responsabilités, les mêmes causes produiront les mêmes effets.
La véritable réussite ne sera pas d’avoir nettoyé Kinshasa pendant quelques semaines. Elle sera de faire en sorte que le Service national n’ait plus jamais besoin de revenir accomplir ce travail à la place de ceux qui en ont la responsabilité.
Car une capitale de plus de quinze millions d’habitants ne peut pas être entretenue par des opérations de sauvetage. Elle doit être gouvernée.
Sarah K
Journaliste
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