La République démocratique du Congo a officiellement désigné Juliana Amato Lumumba comme candidate au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’annonce, rendue publique le 26 février 2026, marque l’ouverture d’une nouvelle séquence diplomatique à l’approche du Sommet électif prévu en novembre prochain.

Dans un communiqué signé par le ministre délégué aux Affaires étrangères chargé de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu, Kinshasa présente cette candidature comme un choix stratégique pour l’avenir de l’espace francophone. Le gouvernement affirme vouloir contribuer à l’émergence d’une Francophonie “plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples”.

Figure connue de la scène politique congolaise depuis la fin des années 1990, Juliana Amato Lumumba a occupé plusieurs fonctions ministérielles, notamment au portefeuille de la Culture et arts. À ce titre, elle a représenté la RDC lors de rencontres internationales dédiées aux politiques culturelles et à la coopération.

Après son passage au gouvernement, elle s’est tournée vers les réseaux économiques panafricains, assumant des responsabilités à la tête de l’Union des Chambres de commerce africaines, basée au Caire en Égypte. Ce parcours lui a permis de consolider son profil au sein des milieux institutionnels et économiques du continent.

Parallèlement, Mme Amato Lumumba s’est imposée comme l’une des principales voix des démarches mémorielles liées à l’héritage de son père, Patrice Lumumba, figure majeure de l’indépendance congolaise. Elle a notamment joué un rôle actif dans le processus ayant conduit à la restitution officielle de ses restes à la RDC en 2022, épisode hautement symbolique dans les relations entre Kinshasa et Bruxelles.

Un scrutin à forte dimension diplomatique

La candidature congolaise intervient dans un contexte diplomatique sensible. Kigali a publiquement renouvelé son soutien à l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, en mettant en avant la continuité et le bilan de son action depuis son entrée en fonction en 2018.

Conformément aux règles internes de l’organisation, l’élection privilégiera la recherche d’un consensus entre les États membres. À défaut, un vote à huis clos sera organisé lors du Sommet des chefs d’État et de gouvernement.

En misant sur Juliana Lumumba, Kinshasa combine la force symbolique d’un nom étroitement associé à l’histoire nationale et un profil mêlant expérience institutionnelle et ancrage continental.

Reste à convertir cette légitimité historique en dynamique diplomatique. À la tête de l’OIF, le symbole peut ouvrir des perspectives. Mais ce sont les équilibres géopolitiques et les alliances régionales qui, in fine, détermineront l’issue du scrutin.