Cette décision est intervenue à l’issue d’une rencontre tenue mardi 10 mars à Kinshasa. Au cœur des discussions entre le ministère de la Justice et l’Inspection générale des finances (IGF) figurait la nécessité de rendre plus efficace la chaîne de contrôle et de sanction face aux cas présumés de détournement.

Les deux institutions souhaitent désormais que les rapports issus des missions de contrôle débouchent plus systématiquement sur des actions judiciaires lorsque des irrégularités graves sont constatées

Vers des sanctions plus dissuasives

Pour l’Inspecteur général des finances, le dispositif actuel doit évoluer afin d’éviter que les conclusions des audits restent sans suite. Christophe Bitasumwa a insisté sur la nécessité d’une réponse pénale claire pour décourager les pratiques de corruption au sein de l’administration publique.

“Si l’on travaille et qu’il n’y a pas de sanctions exemplaires, le contrôle risque d’être banalisé. Il est crucial que la peur de détourner les fonds publics s’installe dans le pays”, a-t-il déclaré, plaidant pour un suivi judiciaire rigoureux des dossiers issus des enquêtes de l’IGF.

Au-delà de la coordination institutionnelle, les deux responsables ont également évoqué plusieurs réformes destinées à renforcer la lutte contre les infractions économiques. Parmi les pistes étudiées figure notamment la création d’un parquet spécialisé auprès des juridictions financières, ainsi que l’adoption de nouvelles dispositions légales visant à améliorer la prévention et la répression des malversations.

Les discussions ont aussi porté sur la nécessité de mieux protéger le patrimoine public et d’améliorer la traçabilité des ressources de l’État, dans un contexte où la transparence financière est devenue un enjeu majeur de gouvernance.

Un cadre de collaboration permanent

À l’issue de leur rencontre, le ministère de la Justice et l’Inspection générale des finances ont convenu d’instaurer un cadre de collaboration permanent. Ce mécanisme vise à assurer un suivi plus rapide des dossiers signalés et à faciliter l’ouverture des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de détournements.

Pour les autorités congolaises, ce renforcement de la coopération entre les institutions de contrôle et la justice constitue une étape supplémentaire dans la volonté affichée de lutter plus efficacement contre la corruption et d’assainir la gestion des finances publiques.