Le bras de fer autour du perchoir de l’Assemblée nationale sénégalaise vient de franchir une étape clé. Le Conseil constitutionnel a débouté l’opposition : son recours contre l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence du Parlement a été rejeté. Verdict : Sonko reste bien à la tête de l’institution.
Sénégal : Ousmane Sonko confirmé à la tête de l’Assemblée après la décision du Conseil constitutionnel

Saisis par des députés de l’opposition, les sages devaient se prononcer sur deux points : la régularité du retour de l’ex-Premier ministre à son siège de député, puis son élection express au perchoir. Mais le Conseil s’est déclaré incompétent. Selon lui, l’organisation interne de l’Assemblée ne relève pas de sa juridiction.
Dans ses attendus, la haute juridiction invoque un principe clé : la séparation des pouvoirs. L’élection du président de l’Assemblée est une prérogative exclusive des députés. Le Parlement décide pour lui-même.
Conséquence directe : le Bureau de l’Assemblée garde toute latitude pour valider ses choix internes. Cette décision ferme clôt le volet juridique des contestations sur la légitimité d’Ousmane Sonko.
Le retour de l’ancien chef du gouvernement illustre la recomposition éclair du jeu politique sénégalais. Départ du poste de Premier ministre en mai 2026, acté par le président Bassirou Diomaye Faye, puis réintégration immédiate de son mandat parlementaire. Quelques jours plus tard, il est élu président de l’Assemblée à une large majorité. Son emprise sur la majorité Pastef reste intacte.
Avec ce ruling, le Conseil constitutionnel cristallise un nouvel équilibre des pouvoirs. Le Sénégal entre dans une cohabitation inédite : exécutif conduit par Bassirou Diomaye Faye d’un côté, législatif désormais verrouillé par Ousmane Sonko de l’autre.
Fort de sa majorité à l’Assemblée, le parti Pastef consolide son poids. Il contrôle désormais le tempo des réformes et des grandes orientations politiques.
À trois ans de la présidentielle de 2029, ce face-à-face institutionnel au sommet de l’État pourrait bien devenir le théâtre de tensions fortes dans les mois à venir.
Mina Ibango
Journaliste
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