Dans une lettre consultée par Associated Press, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, se réfère à l'article 51 de la Charte des Nations unies. Il accuse également l'Érythrée de soutenir des groupes insurgés. L'agence précise toutefois qu'elle n'a pas pu vérifier ces accusations de manière indépendante et que le document ne fournit pas d'éléments probants.

La prudence reste donc de mise. Dans son analyse du 9 octobre, le Critical Threats Project indique avoir partiellement corroboré des signalements de mouvements militaires érythréens au Tigré, sans pouvoir confirmer leur ampleur. Des images ont été géolocalisées autour d'Idaga Hamus, mais leur date exacte et l'identité des forces visibles restent incertaines.

Cette escalade verbale intervient alors que les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés progressent dans le Tigré. Selon le même centre d'analyse, elles auraient avancé vers Adigrat, tandis que les forces du Front de libération du peuple du Tigré se seraient repliées de plusieurs positions. Des mouvements difficilement documentables dans leur totalité.

Le risque régional tient désormais à l'imbrication de deux crises : les combats internes en Éthiopie et la confrontation avec l'Érythrée. Chaque gouvernement présente les événements comme une atteinte à sa souveraineté, une lecture qui pourrait favoriser une escalade, même si l'étendue exacte des opérations transfrontalières reste à établir.