En à peine sept minutes, un homme a pénétré dans une crèche de Kampala et tué quatre enfants âgés de 15 mois à 3 ans. Ce crime d’une violence inouïe, motivé par des croyances rituelles liées à la quête de richesse, a bouleversé l’Ouganda et relancé le débat sur la peine capitale.
Ouganda : Peine de mort pour un homme ayant tué quatre enfants lors d’un meurtre rituel

Jeudi, sous les applaudissements de la foule, la juge Alice Komuhangi Khaukha a prononcé la sentence. « Je le condamne à la peine de mort », a-t-elle déclaré fermement à l’encontre de Christopher Okello Onyup. Cet Américain d’origine ougandaise était poursuivi pour le meurtre de quatre jeunes enfants dans une crèche de la capitale. Double national, l’accusé n’a exprimé aucun regret. La magistrate a rejeté l’argument de démence avancé par la défense, insistant sur le caractère prémédité des actes. Elle a évoqué des meurtres commis « de manière méthodique et précise ».
« Il a ciblé des enfants sans défense et les a massacrés comme des animaux, sans peur, sans honte, sans aucun respect pour la vie humaine », a-t-elle souligné.
Les faits remontent au 2 avril 2026. Ce jour-là, Onyup, 35 ans, s’est présenté au Centre de développement de la petite enfance de Ggaba, à Kampala, en se faisant passer pour un parent. En moins de sept minutes, il a poignardé à mort quatre enfants âgés de 15 mois à 3 ans. Kaisha, retrouvée adossée à un mur, baignait dans son sang. Un autre bébé a été saisi et poignardé alors qu’une employée tentait d’intervenir avec un vélo d’enfant.
Les témoins parlent d’une scène d’une brutalité extrême.
« Au début, j’ai cru qu’il frappait un enfant. Quand je lui ai demandé pourquoi, j’ai vu Kaisha. Il s’est levé, un couteau à la main. Il était si rapide qu’il a attrapé un autre enfant. J’ai lancé le vélo vers lui. Il m’a poursuivie. Quand je me suis relevée, j’ai vu le deuxième enfant blessé », a témoigné une employée. Les parents, eux, racontent le dernier câlin du matin, puis l’appel annonçant l’impensable et la découverte des corps à l’hôpital.
Le mobile du crime ajoute à l’effroi.
Arrêté immédiatement alors qu’il tentait de fuir, Onyup a d’abord avoué avoir commis un « sacrifice humain » dans l’espoir de s’enrichir. Ce type de croyances rituelles persiste en Ouganda, où certaines pratiques occultes poussent à des actes extrêmes pour obtenir la richesse. L’analyse de son téléphone et de son ordinateur a révélé des recherches inquiétantes : « écoles près de moi », « décapitation ISIS ». Si le tribunal a écarté tout motif politique ou religieux, ces éléments ont renforcé la thèse d’un acte planifié et ritualisé. La juge a relevé qu’aucune excuse n’avait été présentée aux familles. « J’attendais au moins cela », a-t-elle déploré.
Ce verdict ravive un débat sensible en Ouganda. La peine de mort y est toujours prévue pour les crimes graves, mais les exécutions sont extrêmement rares. La dernière remonte à plus de vingt ans. L’affaire, relayée par des médias comme Africanews et Al Jazeera, a marqué l’opinion publique. Entre stupeur et condamnation générale, ce massacre soulève des questions sur la persistance des croyances rituelles dans une société en pleine évolution. Onyup a fait appel. La foule, elle, semble avoir déjà tranché.
Mina Ibango
Journaliste
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