Dans sa décision, le juge Stephen Mubiru a estimé que les fonds présentaient des signes évidents d’irrégularité, évoquant un possible lien avec le groupe rebelle M23, actif dans l’Est de la République démocratique du Congo. Incapable de justifier de manière cohérente l’origine de l’argent, le maire a vu ses arguments rejetés par la juridiction.

Les montants en question avaient été transférés en deux opérations en 2017 par une société dénommée Green Global Corporation. À la suite du second virement, la banque avait signalé des transactions suspectes à la Financial Intelligence Authority, évoquant un profil à haut risque. L’entreprise expéditrice avait par ailleurs sollicité l’annulation du transfert, affirmant avoir été victime d’une escroquerie.

Malgré ces éléments, Fabrice Brad Rulinda avait engagé une procédure contre Stanbic Bank, l’accusant de rupture abusive de contrat. Si le tribunal a reconnu une faille contractuelle, il a néanmoins jugé le contrat entaché d’illégalité, le rendant de facto inapplicable.

Le juge a également pointé une « cécité volontaire » de la part du maire, estimant qu’il n’avait entrepris aucune démarche sérieuse pour vérifier l’origine des fonds. Selon le droit ougandais, une telle attitude peut s’apparenter à une forme de blanchiment d’argent.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les risques liés à la circulation de fonds illicites dans la région des Grands Lacs. Dans un contexte marqué par l’instabilité persistante à l’Est de la RDC, la lutte contre les flux financiers suspects apparaît comme un levier essentiel, au même titre que les efforts sécuritaires et diplomatiques.