Concrètement, les visiteurs n’auront qu’à présenter un passeport valide à leur arrivée. Pour les citoyens des pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est, l’entrée pourra également se faire au moyen d’un laissez-passer inter-États, conformément aux protocoles régionaux. Avec cette décision, l’Ouganda se positionne parmi les pays africains les plus ouverts en matière de circulation des personnes.

La dimension panafricaine de la réforme est particulièrement notable. Sur les 40 États bénéficiaires, 21 sont africains. La liste couvre plusieurs régions du continent, notamment le Botswana, l’Érythrée, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Rwanda ou encore le Zimbabwe. En intégrant également des pays non africains, Kampala envoie un signal d’ouverture au reste du monde, tout en mettant l’accent sur la mobilité intra-africaine.

Au-delà de l’aspect diplomatique, l’objectif du gouvernement est essentiellement économique. En supprimant ces barrières administratives, les autorités espèrent dynamiser le tourisme, faciliter le commerce transfrontalier et attirer davantage d’investisseurs et d’hommes d’affaires. L’ambition affichée est de renforcer le rôle de l’Ouganda comme hub régional au cœur de l’Afrique de l’Est.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique encore progressive sur le continent. Depuis plusieurs années, l’Union africaine plaide pour une plus grande liberté de circulation à travers le projet de passeport africain. Quelques pays ont déjà adopté des politiques similaires, notamment le Rwanda, les Seychelles ou la Gambie.

Reste désormais à observer la mise en œuvre effective de cette mesure et sa capacité à attirer un flux accru de visiteurs. Si certains États partenaires décident d’adopter des politiques de réciprocité, cette décision pourrait accélérer la mobilité régionale et contribuer à renforcer l’intégration économique en Afrique de l’Est et au-delà