Sur le terrain, l’Irlande n’a pas traîné.

Les Irlandais ont plié l’affaire en 25 minutes : Troy Parrott ouvre le score à la 13e, Adam Idah double la mise trois minutes plus tard, puis Jack Moylan scelle le 3-0 à la 25e. Le score n’a plus bougé.

Mais à Debrecen, le football n’était qu’une partie de l’histoire.

Depuis le tirage de février, l’affiche cristallise la contestation en Irlande. Sur fond de guerre à Gaza, le mouvement Irish Sport for Palestine a appelé au boycott.

La veille du match, la tension est montée d’un cran. Réunis plusieurs heures à l’hôtel, les joueurs irlandais ont dû voter pour décider s’ils jouaient. La FAI confirme que le maintien de la rencontre l’a emporté.

Tous n’ont pas suivi. Le gardien Gavin Bazunu s’est retiré, estimant contraire à ses convictions de disputer ce match et le retour prévu le 4 octobre en Serbie.

L’Irlande a donc joué, mais en affichant sa distance.

Brassards noirs au coup d’envoi, en hommage, selon la FAI, à toutes les vies perdues à Gaza. Et après son but, Jack Moylan a retiré son brassard, l’a embrassé, avant d’embrasser l’écusson irlandais.

Un geste dans la lignée de la position de la fédération. En novembre dernier, la FAI avait voté une motion demandant à l’UEFA de suspendre Israël et de ne plus tirer les deux sélections ensemble. Requête rejetée.

Deux matchs en un : le tableau d’affichage, dominé 3-0 par l’Irlande, et la bataille des symboles, où chaque geste était scruté.

Le football n’a pas empêché l’opposition radicale. Il n’a pas effacé le désaccord.