D'après les constats faits sur place, le Hiace, qui paraissait mal stationné, a tenté de s'engager brusquement sur la chaussée. Dans sa manœuvre, il a légèrement accroché le pare-chocs du Prado. Si l'incident n'a causé que des dégâts matériels mineurs, la suite des événements a pris une tournure inquiétante.

Peu après l'accrochage, l'occupant du Prado a fait appel à des individus en tenue civile. Une fois sur les lieux, ces derniers ont interpellé le chauffeur du taxi avant de l'embarquer de force vers une destination inconnue.

Quant au Hiace, encore rempli de ses passagers au moment des faits, il a par la suite été remorqué par des éléments de la Police de circulation routière (PCR).

Présente sur place, la rédaction de Cœur d'Afrique a constaté qu'aucun signe distinctif ne permettait d'identifier le service auquel appartenaient ces hommes en civil, ni de déterminer où le chauffeur a été conduit.

Cette interpellation soulève de nombreuses interrogations, d'autant que le Prado impliqué circulait sans aucune plaque d'immatriculation visible. Qui était à son bord ? De quel service relèvent les hommes en civil intervenus ? Sur quelle base légale le chauffeur a-t-il été emmené ? Et surtout, où ses proches peuvent-ils désormais le localiser ?

Si la responsabilité de l'accident reste à établir par les services compétents, c'est bien le caractère expéditif de cette interpellation et l'opacité autour du lieu de détention du chauffeur qui exigent aujourd'hui des éclaircissements.

Cœur d'Afrique va solliciter la version de la PCR et des autres services concernés afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de cette intervention et sur la situation actuelle du chauffeur.