D’une longueur de 2 074 mètres, la future voie reliera l’ex-24 Novembre, sur l’avenue de la Libération, à la place Bakayau, dans la commune de Bandalungwa. Le boulevard comptera huit voies, quatre par sens. Le plan prévoit aussi des aménagements pour les automobilistes, les piétons et les usagers des transports en commun.

L’atout principal du projet tient à son tracé. À Kinshasa, le trafic se concentre sur quelques grands axes. En traversant la Funa, cette nouvelle liaison pourrait désengorger les routes existantes et faciliter les déplacements entre des quartiers aujourd’hui très dépendants des mêmes artères.

La largeur seule ne suffira pas. L’efficacité dépendra aussi du raccordement au réseau actuel, de l’accessibilité et de l’intégration dans le système de transport urbain. L’aménagement d’arrêts de bus dans le projet va dans ce sens. Il évite de réduire la voie à un simple couloir pour voitures.

Au-delà du bitume : un test pour la mobilité urbaine

Le chantier inclut plusieurs ouvrages : un pont-cadre sur la rivière Basoko, un canal de drainage de 1 140 mètres, des trottoirs pavés, ainsi que l’éclairage public et la signalisation. L’objectif est que l’ensemble fonctionne de manière cohérente et tienne compte des contraintes du milieu urbain.

Le délai d’exécution est fixé à douze mois. Le respect de ce calendrier sera le premier test pour le maître d’ouvrage et les entreprises. Il faudra tenir les délais tout en assurant la qualité des travaux.

Pendant cette année, la gestion du chantier sera un autre défi pour les habitants. La zone est déjà très circulante. Il faudra donc organiser les travaux pour limiter les perturbations et maintenir la mobilité autant que possible.

La question de l’après-chantier se pose déjà. L’éclairage, le drainage, les trottoirs, la signalisation et la chaussée demanderont un entretien régulier. À Kinshasa, la durée de vie d’une infrastructure dépend autant de sa construction que de la capacité des services publics à l’entretenir.

Le boulevard Étienne Tshisekedi entre donc dans la phase concrète. Dans les mois qui viennent, on pourra suivre l’avancement, le respect du planning et les difficultés éventuelles.

Au terme des travaux, l’enjeu ne sera pas la taille de l’ouvrage mais son utilité. Sa réussite se mesurera à sa capacité à améliorer les déplacements, à mieux connecter les quartiers de la Funa et à s’intégrer durablement au réseau routier de la capitale.