Treize responsables militaires et politiques du mouvement rebelle M23 font actuellement l’objet de sanctions internationales imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne. Certaines de ces mesures remontent à 2010, selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York.
RDC : treize cadres du M23 visés par des sanctions internationales

Parmi les figures les plus en vue, le chef d’état-major du M23, le général Sultani Makenga, est sous sanctions des trois instances depuis fin 2012 pour de graves violations du droit international humanitaire. Le général Baudouin Ngaruye, commandant du premier secteur opérationnel, et Innocent Kaina, influent au sein du mouvement, sont également visés par ces mesures depuis la même période. Le colonel Innocent Zimurinda, responsable du quartier général, est quant à lui sanctionné par l’ONU et l’Union européenne depuis décembre 2010, puis par les États-Unis depuis janvier 2013.
S’agissant de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), son coordinateur Corneille Nangaa avait été sanctionné une première fois par les États-Unis en mars 2019 pour atteinte au processus démocratique, alors qu’il dirigeait la commission électorale congolaise. Il a de nouveau été visé en juillet 2024 pour son rôle à la tête de l’AFC, une décision reprise par l’Union européenne. Le président politique du M23, Bernard Bisimwa, a été sanctionné par Washington en juillet 2024, puis par Bruxelles en mars 2025.
L’Union européenne a, en mars 2025, élargi sa liste noire à cinq autres responsables du mouvement en l'occurrence Désiré Rukomera, en charge du recrutement et de la propagande ; le colonel John Imani Nzenze, chef du renseignement militaire ; Jean-Bosco Nzabonimpa Mupenzi, responsable des finances ; Joseph Musanga Bahati, désigné gouverneur du Nord-Kivu par le M23 ; ainsi que Justin Gacheri Musanga, commandant de zone. De son côté, Benjamin Mbonimpa, secrétaire général de l’AFC et proche de Sultani Makenga, était déjà sous sanctions européennes depuis juillet 2024.
Ancien porte-parole et commandant militaire du M23, Willy Ngoma avait été sanctionné par l’ONU en février 2024 puis par l’Union européenne en avril de la même année. Il a été tué le 24 février 2026 lors d’une frappe de drone près du site minier de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.
Les États-Unis ont finalement franchi le 2 mars 2026 un cap en sanctionnant directement les Forces de défense rwandaises (RDF) en tant qu’institution, ainsi que quatre de leurs hauts gradés, dont le général Mugangu Mubarak, commandant en chef. Selon le rapport, cette décision s’inscrit dans une volonté d’accentuer la pression sur Kigali dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour mettre fin au conflit.
Simone Makwala
Journaliste
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