Du 24 au 28 mars, les 26 gouverneurs et les présidents des assemblées provinciales se pencheront sur la transformation de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, un thème devenu central dans les priorités nationales. Au-delà des discussions techniques, la question fondamentale est la suivante : les provinces sont-elles prêtes à assumer la souveraineté alimentaire du pays ?

Depuis plusieurs années, les mêmes défis persistent notamment la forte dépendance aux importations, les filières locales peu structurées et les difficultés d’accès aux marchés pour les producteurs ruraux. Cette conférence intervient dans un contexte où les attentes sont élevées et où le temps des discours est révolu.

Le choix de Bandundu n’est pas anodin.
Région à fort potentiel agricole, longtemps freinée par l’enclavement et la faible valorisation de sa production, elle incarne le paradoxe congolais, une abondance de ressources qui peine à se transformer en richesse durable.

La participation annoncée du président de la République, Félix Tshisekedi, et de la Première ministre souligne le poids stratégique du dossier agricole, désormais placé au cœur de la stabilité économique et sociale du pays.

Les observateurs attendent des propositions concrètes à l'instar de la structuration des chaînes de valeur, du financement local de l’agriculture, de la logistique de transport et de la connexion effective entre zones rurales et marchés urbains.

À Bandundu, la conférence dépasse le cadre institutionnel. Elle constitue un véritable test de gouvernance pour les provinces et un indicateur de la capacité de la décentralisation à produire des résultats tangibles dans la vie quotidienne des Congolais.