Nous faisons résolument le choix du dialogue et de la diplomatie”, a déclaré Félix Tshisekedi, rappelant que Kinshasa privilégie les mécanismes diplomatiques pour parvenir à une résolution des crises sécuritaires qui persistent dans l’Est du pays.

Pour le président de la République, ce choix ne signifie toutefois pas un renoncement au renforcement de l’appareil de défense. “Il n’existe à cet égard aucune contradiction entre la recherche de la paix et le renforcement de nos capacités de défense”, a-t-il affirmé.

Félix Tshisekedi a par ailleurs précisé les contours de la paix recherchée par Kinshasa. Celle-ci ne saurait, selon lui, être synonyme de “résignation devant la force”, d’“oubli des victimes” ou de consécration du “fait accompli”. Elle doit, au contraire, être “juste, vérifiable et durable”.

Dans cette perspective, les autorités congolaises mettent notamment en avant plusieurs exigences notamment le retrait des forces étrangères non invitées, la cessation du soutien aux groupes armés, leur désarmement ainsi que le rétablissement effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

Ce positionnement intervient alors que la RDC multiplie les démarches diplomatiques et participe à différents mécanismes régionaux destinés à faire progresser le processus de paix dans l’Est. Pendant ce temps, Kinshasa poursuit le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, considérées comme un autre levier de la stratégie nationale.

C’est dans ce contexte que le CHESD entend renforcer sa contribution à la réflexion stratégique nationale. Créé en 2016, le collège forme des cadres civils et militaires appelés à analyser les enjeux de défense, de sécurité et de stratégie, tout en accueillant des auditeurs issus de plusieurs pays partenaires.

La cérémonie du dixième anniversaire de l’institution a également été marquée par la proclamation des résultats de la promotion sortante. Sur les 138 auditeurs, un a obtenu la “très grande distinction”, 21 la “grande distinction”, 69 la “distinction” et 42 la “satisfaction”. Trois autres auditeurs sont appelés à poursuivre leur parcours au sein de la session suivante.

Parmi les récipiendaires figuraient notamment le général de brigade belge Bruno Vanloo et le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Éliézer Ntambwe Mposhi.

À travers son intervention, Félix Tshisekedi a ainsi replacé la formation stratégique au cœur d’un enjeu plus large pour la RDC : articuler efficacement diplomatie, négociation et capacité de défense. Pour le chef de l’État, ces leviers ne sont pas contradictoires, mais doivent converger vers un même objectif, celui de parvenir à une paix durable et respectueuse des intérêts et de la souveraineté du Congo-Kinshasa.