Il s’agit de la troisième visite de Félix Tshisekedi en Tanzanie, après celles effectuées en 2019 et en 2022. Selon le ministère tanzanien des Affaires étrangères et de la coopération est-africaine, les discussions entre les deux dirigeants porteront principalement sur les relations bilatérales, les enjeux économiques, la sécurité et les questions régionales.

Les échanges devraient notamment concerner le commerce et les investissements, l’agriculture, les ressources minérales, l’énergie, les infrastructures et les transports. La santé, les communications numériques ainsi que les perspectives d’intégration régionale figurent également parmi les sujets attendus.

Cette rencontre devrait permettre à Kinshasa et Dodoma d’examiner de nouvelles pistes de coopération dans des secteurs jugés stratégiques et de renforcer les partenariats existants.
Les deux chefs d’État devraient tenir un point de presse à l’issue de leur entretien, au cours duquel ils présenteront les principaux résultats de leurs échanges ainsi que les engagements retenus pour approfondir la coopération entre les deux pays.

-Une relation portée par les cadres régionaux-

La RDC et la Tanzanie entretiennent des relations anciennes, favorisées notamment par leur proximité géographique et leur frontière lacustre commune. Les deux pays sont par ailleurs membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Le dernier sommet des chefs d’État de l’EAC s’est tenu en mars à Arusha, en Tanzanie. Pour Dodoma, la visite de Félix Tshisekedi constitue ainsi une occasion de réaffirmer la volonté des deux pays de développer des partenariats mutuellement bénéfiques et de renforcer leur coopération face aux défis régionaux.

-La sécurité régionale au cœur des échanges-

Au-delà des questions économiques, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC devrait également s’inviter au cœur des discussions. La Tanzanie a participé aux efforts militaires régionaux visant à soutenir la stabilisation de l’est congolais.

En janvier 2025, deux soldats des Forces de défense du peuple tanzanien (TPDF), engagés au sein de la force de la SADC, avaient été tués lors des affrontements avec les rebelles du M23 à Sake et à Goma, dans le Nord-Kivu. Cette implication confère une dimension particulière aux échanges entre Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan, alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est du pays.

L’AFC/M23, soutenue par Kigali selon Kinshasa, continue de contrôler d’importantes zones au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Sur le terrain, le mouvement rebelle poursuit la consolidation de ses positions, tandis que les initiatives diplomatiques menées notamment à Washington et à Doha peinent encore à aboutir à une solution durable au conflit.

La visite de Félix Tshisekedi à Dodoma intervient ainsi à la croisée de deux priorités pour Kinshasa : renforcer les partenariats économiques avec un voisin stratégique et consolider les efforts régionaux en faveur de la paix et de la sécurité.