Le juge Fakhr al-Din al-Aryan a énoncé les charges sans détour. Assassinats prémédités, assassinats d’enfants de moins de 15 ans, tortures institutionnalisées et détentions arbitraires à grande échelle : l’acte d’accusation dresse le bilan de quatorze années de guerre civile d’une violence extrême.

Maher el-Assad, commandant de la redoutée 4e division blindée, et l’ex-ministre de la Défense Fahd al-Freij ont eux aussi été condamnés à la peine capitale.
Atef Najib, cousin de l’ancien président et ex-chef de la sécurité à Deraa était le seul dignitaire présent à cette audience.
Il a tout nié avant d’être reconnu coupable.

Réfugié en Russie depuis la chute de son régime en décembre 2024, Bachar el-Assad échappe pour le moment à la justice syrienne. Pour de nombreux observateurs, notamment en Afrique centrale où la justice transitionnelle peine souvent à s’imposer, ce procès envoie un signal fort. Les nouvelles autorités de Damas affichent leur volonté de rompre avec l’impunité.

Mais le jugement par contumace révèle aussi les limites du droit face aux rapports de force entre puissances. Le gouvernement de transition réclame l’extradition de l’ex-dictateur. Le refus attendu de Moscou montre que la géopolitique demeure le meilleur rempart pour les responsables de crimes de guerre.

Un écho en RDC : justice, impunité et peine de mort

Ce verdict trouve un écho particulier en République démocratique du Congo. Dans l’Est, la RDC doit faire face aux exactions du M23, des ADF et d’autres groupes armés. L’exemple de Damas rappelle qu’aucun régime n’est éternel et que la demande de réparation des victimes dépasse la durée de vie des pouvoirs politiques.

Autre point de convergence est la nature de la sanction. En prononçant la peine de mort, la justice syrienne s’expose déjà aux critiques d’organisations comme Human Rights Watch, opposées à ce châtiment. En RDC, où le moratoire sur la peine capitale a récemment été levé pour la trahison et le terrorisme, l’issue du procès syrien risque de relancer le débat national sur l’usage de la peine de mort comme instrument de restauration de l’autorité de l’État.