Selon elle, la demande en centres de données, semi-conducteurs et autres équipements liés à l'IA pourrait accroître la croissance de 0,5 à 1 point de pourcentage dans les économies avancées d'Asie, et de 0,2 à 0,8 point dans les économies émergentes du continent.

Mais cette accélération technologique aura aussi de profondes conséquences sur le marché du travail. Le FMI estime qu'environ 40% des emplois dans le monde pourraient être améliorés, dévalorisés, transformés ou supprimés par l'intelligence artificielle. Certaines tâches répétitives sont déjà en recul, tandis que les compétences liées à l'IA apparaissent dans un nombre croissant d'offres d'emploi.

Le président de Singapour, Tharman Shanmugaratnam, a attiré l'attention sur la situation des jeunes diplômés. Les postes de début de carrière, qui permettent normalement d'acquérir une première expérience professionnelle, pourraient être parmi les premiers touchés.

Pour les pays en développement, le risque est de voir apparaître une nouvelle fracture économique. Les États disposant des infrastructures numériques, des compétences et des financements nécessaires pourraient capter l'essentiel des gains, tandis que les autres resteraient de simples consommateurs de technologies étrangères. La Banque mondiale mise notamment sur des outils d'IA moins coûteux, adaptés à l'agriculture, à la santé et à l'éducation.

Pour l'Afrique, l'enjeu sera de combiner adoption technologique, formation professionnelle, accès à l'électricité et politiques de protection sociale, afin que l'intelligence artificielle améliore la productivité sans accentuer le chômage et les inégalités.