Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein de l’Église catholique en RDC, où plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer des dysfonctionnements dans certains processus décisionnels internes.

Le dossier UCC, symbole d’une gouvernance contestée

Le premier point à l’ordre du jour concerne la situation à l’Université catholique du Congo, où l’élection du futur recteur a été annulée après une contestation formelle portée par le professeur abbé Marcel Ndjondjo.

Dans une lettre adressée aux autorités ecclésiastiques, ce dernier avait dénoncé des irrégularités graves, notamment le non-respect de certaines dispositions du droit canonique, le refus de son droit de vote et l’introduction contestée de critères d’éligibilité.

Selon des sources internes, ces éléments ont conduit à l’annulation du scrutin initial et à la reprise des élections le 17 mars dernier. Le retrait de l’un des principaux candidats, l’abbé professeur François Yumba, qui pourtant a été validé aux premieres élections renforce les interrogations sur la transparence du processus.

Quoi que cette réunion aura entre autre pour finalité l'envois d'une Terna ( les trois noms retenu par poste) à Rome, pour de nombreux observateurs, cette affaire dépasse le cadre universitaire et pose la question plus large de la gouvernance des institutions catholiques en RDC.

La lettre de Mgr Kasanda, un signal d’alerte interne

Le second dossier concerne la lettre de Mgr Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, qui a récemment circulé dans les milieux ecclésiastiques. Dans cette correspondance, il dénonçait des irrégularités dans certains processus électifs au sein de l’Église, évoquant notamment des pratiques assimilées à du favoritisme et des dérives à caractère identitaire.

Cette prise de position, inhabituelle par sa franchise, a suscité de nombreuses réactions en interne. Pour certains, elle constitue un signal d’alerte sur des tensions profondes qui traversent actuellement l’institution.

Le fait que cette question soit inscrite à l’ordre du jour de la CENCO montre qu’elle est désormais considérée comme un sujet sérieux nécessitant une clarification au plus haut niveau.

Une réunion aux enjeux institutionnels majeurs

La réunion de ce 23 mars pourrait marquer un tournant. Elle offre aux évêques l’occasion de réaffirmer les principes de transparence, d’équité et de respect des règles qui doivent encadrer les processus électifs au sein de l’Église.

En filigrane, c’est la crédibilité même des institutions catholiques qui est en jeu, dans un contexte où leur rôle moral et social reste central dans la société congolaise.

Reste à savoir si cette rencontre débouchera sur des décisions concrètes ou si elle se limitera à une gestion interne des tensions. À ce stade, aucune communication officielle n’a encore précisé les orientations qui seront prises à l’issue des travaux.