La protection des mineurs constitue également un volet important de la réforme. Lorsque les contenus concernent un enfant de moins de 14 ans, les sanctions sont renforcées et peuvent comprendre une peine d’emprisonnement, une amende ainsi que, dans certains cas, des châtiments corporels.

Une législation qui dépasse les frontières

Par ailleurs, les autorités singapouriennes élargissent leur capacité à poursuivre certains auteurs présumés d’abus sexuels sur mineurs commis à l’étranger. Les nouvelles dispositions doivent notamment permettre de poursuivre des personnes ayant gagné la confiance de mineurs hors de Singapour avant de commettre des infractions sexuelles.

Cette évolution traduit une volonté de ne plus limiter la réponse judiciaire aux frontières physiques du pays, alors que les plateformes numériques permettent aux auteurs et aux victimes de se trouver dans des territoires différents.

Au-delà du cas singapourien, cette réforme pose une question qui concerne également les pays africains : comment adapter le droit à des technologies capables de fabriquer des contenus faux, mais suffisamment réalistes pour porter atteinte à la réputation, à l’intimité ou à la sécurité d’une personne ?

Pour les législateurs, l’enjeu devient désormais de distinguer l’innovation technologique de ses usages criminels, tout en protégeant les victimes. Singapour fait ainsi partie des pays qui cherchent à inscrire directement les nouveaux usages de l’IA dans le champ du droit pénal.