Prenant la parole, Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis chargé de la gestion et de la réforme de l’ONU, a réaffirmé l’engagement de Washington en faveur de la protection des civils et des acteurs humanitaires. Il a notamment insisté sur l’importance de la résolution 2730, qui impose aux États et aux parties aux conflits de garantir la sécurité de ces personnels en première ligne dans des zones à haut risque.

Le diplomate américain a dénoncé une tendance croissante à cibler les humanitaires, qualifiant ces actes de violations graves du droit international humanitaire. Il a appelé l’ensemble des parties impliquées dans les conflits à réduire les risques pour les populations civiles et à faciliter l’accès à l’aide.

S’agissant de la République démocratique du Congo, Jeffrey Bartos a exhorté Kinshasa, le Rwanda ainsi que les rebelles de l’AFC/M23 à se conformer strictement au droit international humanitaire. Il a également condamné une frappe de drone survenue le 11 mars dans l’est du pays, qui a coûté la vie à une employée de l’UNICEF, Karine Buisset, ainsi qu’à plusieurs civils.

Dans ce contexte, les États-Unis appellent à garantir sans condition la sécurité du personnel humanitaire et à assurer un accès total et sécurisé à l’aide dans les zones affectées de l’est congolais.

Les données publiées par l’OCHA pour l’année 2026 confirment une détérioration continue de la situation. Les incidents visant les humanitaires sont passés de 37 en janvier à 46 en février, soit une hausse de 24,32 %. Le Nord-Kivu concentre 39 % des cas recensés en février, suivi du Sud-Kivu (28 %), du Tanganyika (24 %) et de l’Ituri (9 %). Aucun incident n’a été signalé dans le Maniema.

Depuis janvier 2025, 709 incidents ont été enregistrés, avec une forte concentration dans le Nord-Kivu (46 %), devant le Sud-Kivu (29 %), l’Ituri (14 %), le Tanganyika (9 %) et le Maniema (3 %). Le Tanganyika connaît une augmentation significative des incidents en février, atteignant 24 % contre une moyenne habituelle de 9 %, tandis que le Nord-Kivu enregistre une légère baisse relative.

Au cours de cette même période, un travailleur humanitaire a été tué et un autre blessé, sans qu’aucun enlèvement ne soit signalé. Ces indicateurs traduisent une dégradation persistante de l’environnement sécuritaire dans l’est de la RDC, compliquant davantage l’accès humanitaire et exposant les intervenants à des risques croissants.